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Test du jeu vidéo Bloodstained : Ritual of the Night, le metroidvania qui fait tache ?

Dernière mise à jour le 27 mai 2022

Depuis longtemps abandonnée par Konami, n'y voyant qu'une manière de sortir des compilations rétro, Castlevania est une licence culte du jeu vidéo. Son réalisateur, à partir de l'acclamé Symphony of the Night, ressuscite la formule avec Bloodstained : Ritual of the Night. Alors que la concurrence dans le metroidvania n'a jamais été aussi féroce, le titre parvient-il à se distinguer ? Et, si possible, de la bonne manière ?

Le résumé aux dents longues de Bloodstained : Ritual of the Night

Gebel n'est pas content. Résultat des expériences d'alchimistes, souhaitant faire cohabiter humain et démon au sein d'un même corps, le jeune... homme décide de prendre sa revanche. Pour ce faire, il s'exile au sein d'un château, entouré par de fidèles compagnons démoniaques. Son but ? Dominer le monde, et éradiquer l'ordre des alchimistes.

Sur ses traces, plusieurs personnes entrent à leur tour dans le château. En tête, Miriam, l'héroïne, humaine désormais imprégnée de pouvoirs démoniaques. Elle souhaite ramener son ancien ami à la raison, et éviter l'Apocalypse à la Terre. Les Alchimistes lui viendront-ils en aide, ou préféreront-ils s'immiscer entre Gebel et elle ? Pour le savoir, elle aura à coeur de trancher dans le vif de tout ce qui passe.

Conditions de test

Le jeu a été testé à partir de la version Playstation 4 dématérialisée, disponible sur le PS Store. Avec un peu de chance, certains bugs (la mention Stadia en tête), ne sont pas présents dans la version physique. On a de l'espoir.

Bloodstained : un développement tumultueux dont le jeu se fait l'écho (de la nuit)

À plus d'un titre, la mouture actuelle de Bloodstained : Ritual of the Night constitue à elle seule un petit miracle. Le jeu, depuis la création du projet jusqu'à son aboutissement, a subi bon nombre de péripéties.

Après plusieurs années passées chez Konami, Koji Igarashi peut témoigner de l'abandon progressif de la saga sur laquelle il a travaillé depuis l'épisode Symphony of the Night : Castlevania. Dans le même temps, le succès du Kickstarter lancé par Keiji Inafune, émérite créateur de MegaMan, fait son bout de chemin. Si le produit final, Mighty Number 9, est mitigé, ce processus permet de ressusciter de vieilles gloires délaissées du jeu vidéo.

Ayant quitté Konami et lancé son opération de crowfunding, le créateur des plus récents épisodes de Castlevania en 2D vit les premiers objectifs atteints en quelques heures. L'engouement public permit de fixer des paliers subsidiaires, comprenant notamment la présence au doublage de David "Solid Snake" Hayter.

Refonte graphique Bloodstained Ritual of the Night test jeu vidéo PS4 Xbox One Switch Pc
Le jeu a subi une profonde refonte graphique peu de temps avant sa sortie.

Néanmoins, les avis des joueurs de l'early access étaient négatifs. La direction artistique et le rendu esthétique global étaient pointés du doigt. En prenant note, Koji Igarashi décide de délayer la publication du jeu. Remodelé avec plus de soin, grâce à des équipes maîtrisant le moteur Unreal Engine 4, Bloodstained : Ritual of the Night sort en 2019 après un coup de poliche essentiel et appréciable. Que vaut donc ce nouveau Castlevania-like au lourd héritage ?

Que sont Bloodstained : Circle of the Moon 1 & 2 ?

Durant le temps de développement de Ritual of the Night, Koji Igarashi a développé un jeu compagnon. Disponible une fois un certain palier Kickstarter atteint, celui-ci se révèle encore plus traditionnel. Revenant à une structure proche des Castlevania pré-Symphony of the Night, avec niveaux à parcourir, il adopte en sus une apparence 8 bits. Sa suite, Circle of the Moon 2, améliore le rendu graphique et s'octroie des critiques plus élogieuses.

This is the ritual of the night, oh yeah : Bloodstained, digne héritier de Castlevania Symphony of the Night ?

Et, indéniablement, cet héritage se perçoit dès les premières minutes passées en présence de Miriam. La nouvelle héroïne qui doit combattre son ami Dracula Gebel est un mélange de démon et d'humaine. Pour mettre fin à la menace incarnée par son antagoniste et ses amis démoniaques, il lui faudra entrer dans un château. Au cœur de la nuit. Abritant moult créatures surnaturelles, inspirées par du folklore local, des mythes, et la littérature fantastique.

Les amateurs de la première heure de Castlevania seront dans un fauteuil. En dépit de phases tirant légèrement profit du moteur 3D, le jeu se déroule entièrement en 2 dimensions. Comme à l'époque des aventures d'Alucard et consorts, le château regorge de salles, constituant une map immense. La progression s'effectue de la même manière que naguère, avec des zones se découvrant une fois une certaine capacité acquise.

Test jeu vidéo Bloodstained : Ritual of the Night, les affrontements
Les boss sont loin d'être palpitants dans ce jeu.

En matière de bestiaire, le chemin est là encore pavé. Bon nombre d'archétypes des ennemis de la saga Castlevania sont repris, mouvements d'attaque inclus ; avec, toutefois, quelques trouvailles par moments. À ce titre, Ayami Kojima, artiste chargée du character-design des Castlevania, s'est occupée des jaquettes des éditions physiques de Bloodstained. La filiation graphique est ainsi assurée.

De fait, tous les éléments rappellent la précédente série de Koji Igarashi. À un point tel, d'ailleurs, que les subtilités du combat se déroulant, cette fois entre alchimistes et démons, n'éclipse pas cette sensation latente d'évoluer au sein du château de Dracula, avec ses sbires et complots. Difficile d'affirmer son identité lorsqu'on est à ce point tourné vers le passé. Est-ce le cas pour le reste du gameplay ?

Pouvoirs et capacités : une évolution fragmentée

S'il est un élément sur lequel semble avoir particulièrement travaillé l'équipe derrière Bloodstained : Ritual of the Night, c'est assurément l'évolution du personnage, de ses capacités, et armes. Piochant sans vergogne à droite et à gauche pour se conformer aux attentes des joueurs contemporains, le jeu vidéo se fait généreux et parfois trop complexe.

Deux éléments se distinguent dans les possibilités offertes au personnage. La gestion de l'équipement est indispensable, d'autant que certains aux statistiques moindres se distinguent, par exemple, par des capacités spéciales : par exemple, l'indifférence face aux pièges du château. À ce titre, comme dans un Soulslike, lire les descriptions des objets et ne pas se contenter de leur apport aux statistiques du personnage est essentiel. Sans cela, le joueur risque d'être bloqué à un moment précis de la progression.

Bloodstained Ritual of the Night test critique jeu vidéo sur Xbox One PC Switch et PS4
Fragments, équipement et statistiques sont à prendre en compte.

Au-delà de l'équipement traditionnel, les fragments constituent un élément structurel de Bloostained : Ritual of the Night. Cinq emplacements sont à combler par leur biais : pouvoir spécial, pouvoir de projection, compétences passives, familiers, manipulation sont ainsi à gérer correctement. Pour plus de commodité, les joueurs peuvent, le cas échéant, fixer des raccourcis de build avec des compétences et équipements précis. Passer de l'un à l'autre permet d'aborder plus rapidement une vaste gamme de situations.

Si cela n'était pas assez, le jeu rajoute une couche d'artisanat et de craft. Les joueurs peuvent ainsi :

  • améliorer les fragments ; à terme, les compétences passives seront assimilées entièrement par le personnage ;
  • créer des objets
  • cuisiner différents mets, une fois leurs recettes de cuisine trouvées au sein du château.

Généreux, souvent à l'excès, le jeu se distingue, dans sa complexité, des Castlevania originels. Et perd en conséquence l'élégance et la cohésion inhérentes à la saga de Konami.

Abondance de biens nuit à la cohésion de Bloostained : Ritual of the Night

Castlevania, à partir de sa fameuse itération Symphony of the Night, évoque une certaine élégance auprès des joueurs s'y étant adonnés. Le gameplay se marie parfaitement à l'environnement de jeu, et chaque possibilité offerte au protagoniste trouve un écho dans le déroulement du titre.

En reprenant bon nombre des codes de la licence culte à son compte, Bloostained : Ritual of the Night essaie d'en améliorer la formule. À ce titre, outre les capacités précédemment présentées, des PNJs sont disposés à des endroits fixes dans le château. Si certains permettent d'optimiser les pouvoirs ou armes, de créer des équipements, ou d'acheter et vendre des objets, d'autres pourront donner des quêtes, assez sommaires et répétitives. Complètement annexes, elles imposent de trouver un équipement, ou de tuer suffisamment d'ennemis d'un type donné.

Bloodstained Ritual of the Night test critique jeu vidéo Xbox One Switch PS4 PC
Les PNJ apportent un souffle de fraîcheur au gré de l'aventure.

Aussi quelconques soient-ils, les PNJs balisent un peu le parcours du château. Leurs apparitions, au sein de la première zone ou ailleurs, offrent de petites respirations au gré de la progression. Pas toujours très claire cependant, celle-ci peut pêcher à divers endroits. Le joueur pourra errer de longues minutes avant de comprendre qu'il lui faut, par exemple, réparer un appareil photographique auprès d'un PNJ, développer le cliché pris chez un autre perdu au sein du château afin d'accéder à un nouvel environnement. Heureusement, ces cas sont rares, mais pourront bloquer plus d'un joueur.

En ce qui concerne l'agencement de la carte, zone par zone, il ne semble jamais crédible. Passer de l'une à l'autre ne relève jamais de l'exploration et de la découvertes logiques, mais plutôt d'un empilement d'environnements obligés, les uns après les autres. Ce défaut ne sautait pas aux yeux, à l'époque de Castlevania sur PS One. Depuis, Hollow Knight et Dark Souls ont établi la narration par l'environnement comme primordial. Ce metroidvania récent, dans cette perspective, se révèle tristement désuet.

Entre le craft, les personnages non jouables et d'autres ajouts à la recette Castlevaniesque, Bloodstained : Ritual of the Night prouve une chose. Il n'est jamais sain de mélanger les influences sans les agencer dans un ensemble cohérent. Foutraque mais généreux, enthousiasmant mais frustrant, le jeu financé sur Kickstarter s'inspire des metroidvania modernes, eux-mêmes influencés par son illustre aîné.

Bugs et manque de finition : l'harmonie de la dissonance

Commé évoqué précédemment, Bloodstained : Ritual of the Night a connu un développement houleux. À de nombreux égards, le jeu s'en fait, aujourd'hui encore, le reflet. Tout d'abord, si le jeu a la bonne volonté d'être entièrement localisé, cette traduction dans la langue de Dany Brillant ne se fait pas sans douleur.

Les textes sont traduits à la hâte ; les manuscrits, lisibles tout au long de l'aventure, feraient s'arracher les rares cheveux d'un prof de français par leur absence de respect des espaces. Et, plus fort de chez fort : sur Playstation 4, au moment d'afficher le nom du système de jeu, celui-ci évoque Stadia.

Un manque de finition évident, qui n'abîme pas la seule version française. Le reste du jeu en témoigne : fort de ses ambitions, Ritual of the Night souffre d'un manque global d'harmonie. Le personnage se montre d'une rigidité confondante, surtout comparé à la concurrence, Hollow Knight en tête.

Menu de Bloodstained Ritual of the Night test critique jeu vidéo PS4 Switch PC Xbox
Entre mention de Stadia plutôt que de la console, et caractères improbables, la localisation est aux fraises.

Par ailleurs, des pics de difficulté sont à signaler, obligeant trop souvent les joueurs à feinter pour s'en sortir. Petite astuce : s'accroupir face à un ennemi, ou sauter d'un côté à l'autre de lui permet de s'en débarrasser le plus vite possible. Une technique efficace, également contre les boss. Néanmoins, elle implique des affrontements peu épiques et souvent frustrants, tant il s'agit de sacs à PV.

Au cours de l'aventure, parcourue au terme d'une quinzaine d'heures de jeu, quelques bugs sont apparus. Personnage coincé, ennemis ne prenant pas de dégâts lorsqu'ils tombent sur des pièges, ou transition manquée d'une salle à l'autre ; ils sont en minorité, mais attestent un peu plus du manque de finition de l'ensemble.

Là où la concurrence dans le secteur du metroidvania, 2D ou 3D, s'échine à procurer de nouvelles règles au genre, Ritual of the Night piétine à outrance son passé idéalisé, tout en ayant mal assimilé les nouveaux modernes en vigueur. Pas mauvais, mais trop nostalgique, il rejoint la liste des gloires ressuscitées sur le privilège d'un nom pour un résultat mitigé. Shenmue III, Mighty N°9, vous avez un nouveau compagnon de jeu.

Les plus

  • Les graphismes remaniés, plutôt jolis
  • Fragments, capacités, nourriture, craft, armes : une évolution du personnage intéressante
  • Un chouette revival des Castlevania 2D post-Symphony of the Night
  • La présence de PNJs à des endroits fixes

Les moins

  • Une histoire sans grand intérêt
  • Des bugs, impairs de localisation, et soucis de collision
  • Une progression vraiment très peu évidente à certains moments
  • Une impression de joyeux bordel, où l’aspect fourre-tout prend le pas sur l’harmonie de l’ensemble
  • La rigidité du personnage
  • Sentiment d’injustice due à une difficulté mal calibrée parfois
0/10

Le mot de la fin

Évaluer Bloodstained : Ritual of the Night n'est pas chose aisée. Généreux jusqu'à l'excès, dédié aux fans des précédentes productions de son créateur, le titre vise trop haut la plupart du temps et se brûle les ailes à de nombreux égards.

Impossible de ne pas penser à tous les Castlevania post-Symphony of the Night lors des sessions de jeu. Tout rappelle les heures passées aux côtés d'Alucard, Richter ou Soma Cruz, sans jamais en atteindre toutefois la concision ni l'élégance.

Piochant des influences à droite et à gauche, comme un enfant des coquillages sur une plage, Bloodstained : Ritual of the Night n'arrive pas à en faire un joli bijou. Joyeusement foutraque, il enthousiasme autant qu'il frustre.

Les fans de Castlevania seront heureux de retrouver un semblant de l'atmosphère de leur saga fétiche ; les autres auraient tout intérêt à se tourner vers des productions modernes tirant le meilleur de ces influences pour en faire un jeu plus abouti à tous égards, en 2D, comme Hollow Knight, ou 3D avec les Soulslike.

À propos de l'auteur

Solan
A passé un nombre indécent d’heures sur Rocket League pour finalement être Grand Champion. Préfère poster des bons plans aériens depuis.

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Prolongations :

Si vous avez aimé Bloodstained : Ritual of the Night, essayez donc :

  • Castlevania : Symphony of the Night
  • Castlevania : Advance Collection
  • Hollow Knight
  • Elden Ring
  • Bloodstained : Circle of the Moon 1 & 2

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